L'histoire péruvienne de Sandro Luci

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“Ce qui m’a impressionné, c’est que les gens de la coopérative, sont les seuls à ne pas m’avoir demandé comment faire pour rentrer en Europe. Ils sont fiers de leur métier et de leur produit. C’est formidable de pouvoir les regarder en face et de sentir qu’ils se sentent comme un partenaire à part entière.”




L’aventure péruvienne de Sandro Luci


Cet été, Sandro Luci, aventurier qui sillonne les pistes du monde, s’est attaqué à la découverte du Pérou. Avec sa compagne Corinne Moine, ils ont traversé le Pérou du Sud vers le Nord, en vélo !

Pendant leur périple, ils ont fait une pause de quelques jours pour aller rendre visite à une coopérative Fairtrade pour se convaincre par eux-mêmes des bienfaits du commerce équitable.
Lisez sur les pages suivantes l’histoire péruvienne de Sandro Luci au sein de la coopérative de café Oro Verde.


Oro Verde

La coopérative Oro Verde a son siège dans le nord-est du Pérou, à Lamas, et regroupe des petits  producteurs de la région environnante. Elle a été crée en 2001 et regroupe aujourd’hui 1000 producteurs de café équitable.

Pesée café

Sandro Luci
« Quand je suis arrivé à la coopérative, les producteurs m’ont quasiment déroulé le tapis rouge. Ils m’ont totalement impliqué dans leur quotidien. J’ai ainsi eu la chance de pouvoir vivre en direct toutes les étapes de la production de café : récolte, transports, pesée du café, dégustations… »



 
Pendant quatre jours Sandro et Corinne ont suivis les membres de la coopérative dans les champs, les entrepôts, les bureaux et ont découvert comment vivent les producteurs de café.


« J’ai pu me rendre compte sur place des retombées du commerce équitable. Avant de partir le commerce équitable était pour moi une notion assez vaste. Je ne me posais pas de questions quand j’achetais du café. Aujourd’hui, quand j’achète mon café Fairtrade, j’ai une image devant les yeux, celles des producteurs que j’ai rencontrés, et je sais que grâce à cet achat, je les aide à vivre de leur métier ».

Mode de vie

Les producteurs de café du Pérou ont un mode de vie totalement différent du nôtre. Leur notion du temps par exemple, est très différente de celle du Luxembourg. Parfois, ils doivent marcher pendant quelques heures pour arriver à leurs champs. Leurs fermes sont assez rudimentaires et se trouvent dans des villages isolés. Les routes pour y aller sont en grande partie impraticables, on les appelle d’ailleurs des pistes, et non des routes. Ils transportent leur café à dos d’âne jusqu’à la prochaine route où un pick-up vient les chercher et ramène le café à l’entrepôt. C’est un mode de vie qui pourrait sembler inconcevable à un Européen, mais au Pérou prendre plusieurs heures pour arriver à un endroit à pied est une normalité.

Sandro et les producteursLes producteurs de café sont tous propriétaires de leurs terres, des terrains d’environ 1-2 hectares. Ils se regroupent en coopérative pour avoir plus de poids face aux acheteurs de café. Quand ils ont récolté le café, ils l’emmènent à la coopérative où sera  pesé et mesuré le degré d’humidité du café, toujours en présence d’un témoin du conseil d’administration, pour être sûr que le paysan aura bien la somme qui lui revient . La coopérative Fairtrade paye le producteur 352 sol brut(=88€) par Quintal (équivaut à 100kg). De cette somme le producteur devra encore déduire ses frais de nourriture et le transport du café ainsi que l’achat des plants de café et du matériel.


Pour donner une idée des coûts : 1 plante de café coûte 3 sol. 22 plantes donnent l'équivalent d'environ un Quintal de graines de café à la fin.

Les impacts du commerce équitable

Lors de sa visite aux producteurs, Sandro a été frappé par la passion et l’amour du travail des producteurs. Les ayant accompagnés dans leur laboratoire, il a découvert comment les producteurs torréfient et goûtent café tout en le commentant comme des vrais œnologues.

Sandro Interview

« J’ai été convaincu de l’utilité du commerce équitable en discutant avec les producteurs. Ils parlaient de leur coopérative avec une telle fierté, c’est leur bébé ! Ce qui compte plus que tout pour eux c’est d’appartenir à une communauté, à un groupe et d'être reconnu en tant que tel. Être plus forts ensemble et se soutenir mutuellement, voilà une retombée non chiffrable du commerce équitable, qui, pour les producteurs, va bien au delà de l’apport d’argent. »


Pendant son séjour, Sandro a cherché à savoir si les conditions de vie des producteurs s’étaient améliorées grâce au commerce équitable. Le commerce équitable ne leur permet pas seulement d’avoir un salaire juste, il apporte aussi d’autres avantages qui se répercutent sur leurs conditions de vie et de travail.

Depuis que la coopérative Oro Verde est certifiée Fairtrade, des formations dans différents domaines ont eu lieu. Ainsi les producteurs ont pu bénéficier d’une formation avec des ingénieurs agronomes, qui leur ont expliqué ce qui arrivent à leurs plantes : insectes, champignons… et leur ont donné des conseils afin d’éviter ces problèmes.

À propos de la scolarisation : « Il y avait une école dans le visage. Des enfants dans les champs, je n’en ai pas vus. Quand j’ai demandé après eux, les producteurs m’ont dit que leurs enfants étaient à l’école ».

Inauguration

La prime de développement du commerce équitable (o,10€/kg) a permis entre autres de construire un entrepôt pour le café. Sur la photo, Sandro et Corinne en train de dévoiler la plaque d’Oro Verde de l’entrepôt lors de son inauguration.

 


Grâce au commerce équitable, les paysans peuvent vivre de la culture du café. Avant les prix du café variaient tout le temps et les prix qu’on leur payait étaient toujours très bas. Pour subvenir aux besoins de leurs familles les producteurs faisant du commerce avec la feuille de coca beaucoup plus rentable.

« Je leur ai demandé ce qui les avait décidés à délaisser le commerce avec la coca. Ils m’ont expliqué qu’ils gagnent un peu moins d’argent avec le café qu’avec le commerce de feuilles de coca mais qu’en échange ils gagnent en tranquillité, ils ne vivent plus dans la peur des raids américains, des bombes et des règlements de compte ».


Le message des producteurs d'Oro Verde

Lors des discussions avec les producteurs, Sandro leur a toujours posé la question: « Quel message voulez vous que je ramène en Europe? »

La réponse fut toujours la même: « Achetez notre café, car il nous fait vivre! »

Sandro Luci : « Les producteurs comptent beaucoup sur le commerce équitable car le gouvernement ne les prend pas en compte. Nous sommes leurs partenaires, leur avenir, leur espoir . Grâce au commerce équitable, ils se sentent nécéssaires et sont fiers, fiers de tirer les ficelles de leur propore vie! ».


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